À propos de la catégorie Réforme représentation FDE


#1

Lors de son allocution devant l’AFE, le Président de la République a exprimé sa volonté d’engager une concertation avec les élus des Français de l’étranger et l’ensemble des forces vives présentes sur le terrain pour réfléchir de façon approfondie sur le rôle de la représentation non-parlementaire des FDE ainsi que sur les moyens d’intéresser davantage nos ressortissants établis hors de France à cette représentation.

Le Secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne convoque lundi 29 janvier 2018 les députés FDE afin de lui faire part de notre diagnostic sur le dispositif actuel et des premières idées ou propositions pour le rendre plus lisible et plus efficace.

Je souhaite dans ce cadre, consulter les conseillers consulaires. Les propositions attendus peuvent répondre aux questions suivantes:

  • Quel diagnostic faites-vous du dispositif actuel de représentation des FDE ?

  • Avez vous une proposition pour donner plus de visibilité, de lisibilité et de moyens à cette représentation?

  • Comment améliorer la relation entre les différents niveaux de représentation et nos concitoyens ? Comment accroitre leur intérêt aux sujets politiques et à la vie démocratique en France et en circonscription?


#2

Quel diagnostic faites-vous du dispositif actuel de représentation des FDE ?

La reforme de la représentation des Français de l’étranger avait pour but de créer un réseau d’élus de proximité, en contact avec les communautés de chaque circonscription consulaire. De vrais relais entre nos compatriotes et les autorités françaises des ambassades et postes consulaires, parfois avec des administrations centrales ou territoriales en Métropole. Parce que les fonctionnaires du Ministère des affaires étrangers ne voulaient pas qu’on se mêle de “leurs affaires”, cette reforme a été saboté et continue à l’être par l’administration avec des explications qui… n’expliquent rien, sauf l’envie de décourager ou réduire à néant les initiatives des conseillers consulaires. Ces élu(e)s bénévoles, qui vous aurez du mal à trouver dans le menu du site de chaque consulat ou ambassade, n’ont même pas droit à une rubrique facilement repérable dans le site consulaire, dans laquelle on les présenterait et on publierait aussi les comptes rendus des différents Conseils consulaires. Ces conseils qui devraient permettre des échanges riches entre les élus et les autorités consulaires, sont consignés dans des PV sensés informer nos concitoyens qui le souhaitent. On nous dit que l’administration centrale interdit les PV rendant compte de ce qui a été discuté dans les Conseils consulaires. Le contenu ideal serait un paragraphe laconique dans lequel les interventions des conseillers ne soient pas reprises, surtout quand elles ne concordent pas avec le point de vu de l’administration…
Il était prévue une formation des conseillers consulaires pour leur faire connaître les différents services et comment le poste consulaire fonctionne dans son ensemble. Trois ans et demi ce sont écoulés et toujours rien. Nous ne sommes quasiment jamais informés de visites officielles venant de la Métropole ou de Brasilia.
Comme nous ne sommes pas invités, non plus, à de réunions de travail organisés par le consulat et d’autres services de l’administration française.
A chaque fois qu’un conseiller consulaire a besoin de poser une question, généralement pour répondre a un compatriote, le consul, ses adjoints ou les différents responsables d’un bureau sont indisponibles. Je n’ai jamais entendu de leur part " j’ai une affaire urgente à résoudre, mais dans une demi heure ou une heure je peux vous recevoir cinq minutes" ou “si c’est urgent, venez cette après midi ou revenez demain matin” . On nous donne RdV pour dix ou quinze jours plus tard.
Parce que en 2016, a juste titre et dans le cadre de mes fonctions, j’ai défendu un dossier de demande de bourse scolaire dans lequel “la quotité” de la AEFE donnée 65% d’aide à la famille et le responsable du bureau de bourses, qui a reconnu s’avoir mal entendu avec les demandeurs, l’a descendu à 30%. Lors du premier passage de ce dossier au C.C., j’ai voté en toute bonne foi comme le chargé du bureau de bourses nous l’avait suggéré, nous l’avons fait confiance. A la demande de plusieurs parlementaires, j’ai rencontré le père de famille, étudié son dossier et lors du nouveau C.C. bourses on a sollicité qui soit rendu justice au demandeur et on rétablisse le 65% de bourse. La majorité des participants ont concordé avec ma demande. Dans un geste d’apaisement , nous avons même transigé demandant 50% de bourse. RIEN, l’avis du Conseil consulaire a été ignoré par l’AEFE. L’année suivant ce dossier est revenu pour la troisième fois en C.C. Le chargé des bourses a de nouveau présenté des arguments pour le moins litigieux pour justifier d’un maigre 30% de bourse à l’enfant de M. Rafael SCHMIDT qui, découragé par cette situation, a quitté le Brésil pour s’installer en région parisienne. Il exerce comme agent d’accueil de la RATP, mais sa fille peut apprendre le français à l’école publique.
Ma défense des droits de la famille Schmidt m’a coûté cher. Des le lendemain l’administration du bâtiment dont le Consulat de France est propriétaire du 14° étage, a reçu l’ordre de ne plus me permettre l’accès au parking.
J’ajoute que le français lambda qui vient pour une démarche au consulat peut sans encombre garer sa voiture dans les places de visitants.
Avant la fin de l’année 2017, un badge qui consigné ma qualité de conseiller consulaire m’a été retiré par un agent d’accueil du consulat. Au préalable il avait été démagnétisé… A plusieurs reprises je me suis présenté au portique d’entrée du consulat et on m’a interdit l’accès. Voici le respect et la considération qui méritent les conseillers consulaires. J’ai soixante-dix ans, de sérieux problèmes de colonne vertébrale, et désormais je suis tenu de rester debout 10, 15, 20 minutes à l’accueil de la tour où se trouve le Consulat de France. Ce délai d’attente est variable et en fonction de la file des personnes qui se rendent dans les innombrables entreprises logés dans ce bâtiment de plus de 30 étages. Pour éviter d’être refoulé à l’entrée du parking, je ne viens plus avec ma voiture.

Avez vous une proposition pour donner plus de visibilité, de lisibilité et de moyens à cette représentation?

Que les conseillers consulaires ne soient pas ignorés ou cantonnés à un rôle de “suiveurs intemporels” par les représentations diplomatiques ou consulaires françaises. Que nous soyons associés pour de vrai à un certain nombre d’actions entreprises par les consulats qui, d’ailleurs agissent suite à des instructions de l’état ou le gouvernement français.

Comment améliorer la relation entre les différents niveaux de représentation et nos concitoyens ? Comment accroitre leur intérêt aux sujets politiques et à la vie démocratique en France et en circonscription?

Nous sommes bien engagés dans le XXI° siècle, l’exercice du pouvoir ne doit pas rester ce qui fut pendant l’ancien régime ou les premières décennies d’une république balbutiante. J’ai l’honneur d’avoir -à plusieurs reprises- rendu visite, assuré de permanences et de réunions publiques, dans chacune des villes des cinq états de la circonscription où nous avons un consulat honoraire. D’ailleurs je rends hommage à nos consuls honoraires toujours prêts à aider nos compatriotes.
Je me suis déplacé sans esprit partisan et sans aucun apriori. Est-cette motivation utile à nos concitoyens qui dérange ?
Plus que les propres élus, les commis de l’état français doivent se montrer sous un autre jour. Est-ce que parce qu’ils sont fonctionnaires ils n’ont pas de comptes à rendre à personne et ils peuvent traiter nos concitoyens comme bien il leur semble. Une dose d’humanité et de bon sens est toujours possible à l’égard d’autrui. Ce n’est pas une marque de faiblesse mais de compréhension à l’égard des administrés, voir de générosité. Ces gestes de bonne volonté sont toujours bien perçus par nos concitoyens.