Contribution Jean-Marc Ville (Panama, Cuba, Jamaïque)


#1

1/ Quel diagnostic faites-vous du dispositif actuel de représentation des FDE ? Quel retour pouvez-vous faire sur la Réforme de 2013 ?

La représentation des FDE par les députés et sénateurs me parait être salutaire dans un pays comme Cuba souvent visité par les parlementaires. Je ne suis pas sûr que tous les pays d’une circonscription comme celle de notre député pour l’Amérique Latine et la Caraïbe, puissent en dire de même.
L’élection d’un conseiller consulaire a cependant permis d’apporter aux FDE un chainon qui manquait vraiment pour que chacun puisse se sentir représenté dans le pays où il vit, un élu de proximité. Je crois que cet élu de proximité peut et doit être un relai essentiel pour les parlementaires et doit donc privilégier les contacts avec ces parlementaires, qui eux ne peuvent prendre en compte les spécifités des problèmes rencontrés dans chaque pays de résidence. Le conseiller consulaire doit selon moi, être un résident permanent ou au moins résident sur une longue période, c’est un élu de proximité qui connait bien le pays dans lequel il vit, qui partage la vie de ses compatriotes au travers des associations -associations d’entrepreneurs, chambre de commerce, CCEF, association de familles, associations de français résidents à l’étranger, associations de gestion d’établissements scolaires, association de gestion d’Alliance française, OLES…
Pour que chacun puisse se sentir représenté, peut être devrait-on abandonner le critère du nombre de français représentés par un conseiller consulaire. Ainsi par exemple si je prends ma « circonscription » (Panama, Cuba, Jamaïque), il me semble que Cuba pourrait se voir doté d’un conseiller consulaire et Panama et Jamaïque (la Jamaïque étant rattachée au niveau consulaire à Panama) pourrait se voir dotés d’un autre conseiller consulaire -même si les problèmes des français résidents à la Jamaïque n’ont que peu de points communs avec ceux des résidents de Panama-, mais il est difficile de revendiquer un conseiller consulaire pour quelques dizaines de FDE établis dans ce pays !-. Il est d’ailleurs fort probable que si les élections avaient lieu aujourd’hui, compte tenu de l’augmentation des FDE, se verraient affectés à la «circonscription », deux conseillers consulaires.
A contrario, peut-être pourrait-on envisager de réduire le nombre de conseillers consulaires pour un même pays. Au niveau financier, le budget global ne devrait pas se voir augmenté, chaque conseiller étant remboursé aux frais réels et non au travers d’une indemnité. Le fait que le conseiller consulaire soit dans son pays éviterait des voyages couteux (billet d’avion, hôtel…).

2/ Comment donner plus de visibilité, de lisibilité et de moyens à cette représentation ?

Une information venant directement du Ministère des Affaires Etrangères à tous les français résidents inscrits -pas seulement sur les LEC-, serait la bienvenue et permettrait certainement à certains de nos compatriotes de se sentir mieux représentés par un élu de proximité et peut-être de s’inscrire sur les listes électorales. Cette information par mail, doublée d’un document écrit serait souhaitable dans un pays comme Cuba où le réseau web est encore bien pauvre et ne permet pas à tous de recevoir l’information. Je viens d’envoyer à mes concitoyens, accompagnant mes vœux de 2018, un document « Attribution du conseil consulaire : à quoi sert-il ? »; j’ai été très étonné de voir les nombreux retours suscités par celui-ci, les questions posées, marquant l’intérêt de mes concitoyens.

3/ Comment améliorer la relation entre les différents niveaux de représentation et nos concitoyens ?
Comment accroître leur intérêt aux sujets politiques et à la vie démocratique en France et en circonscription ?

La relation entre les différents niveaux de représentation me semble justement passer par l’élu de proximité : le conseiller consulaire. C’est lui qui peut être le lien entre les FDE de sa circonscription et les députés et sénateurs les représentant. Les députés et sénateurs ne peuvent difficilement faire mieux que leurs lettres d’informations, et leurs permanences lors de leur(s) passage(s) dans un pays -permanence pendant laquelle, ils rencontreront au mieux quelques dizaines de concitoyens sur toute la durée de leur mandat-. Aussi c’est l’attention qui sera portée dans les échanges entre les conseillers consulaires et les députés et sénateurs représentant les FDE, qui peut amener nos concitoyens à se sentir écoutés, informés, et représentés, les incitant ainsi à participer ou participer plus à la vie démocratique de notre pays.